Itinéraire de 7 jours dans les Pouilles : de Bari à Lecce

Découvrez l'itinéraire idéal de 7 jours dans les Pouilles : de Bari à Lecce, entre trulli et plages. Le guide pour un road trip inoubliable !

Imaginez une terre où le soleil semble ne jamais vouloir se coucher, où les oliviers centenaires dessinent des ombres dansantes sur une terre rouge ocre et où la mer Adriatique flirte avec la mer Ionienne. Cette terre, c’est le talon de la botte italienne, une région qui a su préserver une authenticité brute tout en offrant un raffinement culturel exceptionnel.

Organiser un voyage dans le sud de l’Italie demande de faire des choix déchirants tant la richesse patrimoniale est immense, mais cet itinéraire a été conçu pour capturer l’essence même de la région. De l’effervescence urbaine de Bari à la splendeur baroque de Lecce, en passant par la féerie des trulli, préparez-vous à une immersion totale.

Pour suivre ce road trip en toute liberté, la location de voiture reste l’option idéale. Si vous hésitez encore avec les transports en commun, consultez notre comparatif complet pour savoir comment se déplacer dans les Pouilles.

L’arrivée à Bari et la découverte du vieux port

Votre périple commence à Bari, souvent injustement négligée par les voyageurs pressés de rejoindre les plages du sud. Pourtant, Bari est une ville de contrastes saisissants qui mérite que l’on s’y attarde pour comprendre l’âme des Pouilles. Dès votre arrivée, dirigez-vous vers le quartier de Bari Vecchia, un dédale de ruelles blanches où le temps semble s’être arrêté.

C’est ici, dans ce labyrinthe de pierres calcaires, que se joue la vie quotidienne des Baresi. L’atmosphère y est vibrante, presque théâtrale. Les portes des maisons restent ouvertes, laissant échapper des odeurs de sauce tomate mijotée et de basilic frais. Il est impératif de se rendre via dell’Arco Basso, surnommée la rue des orecchiette.

Vous y verrez des femmes, installées devant leur porte avec de grandes tables en bois, façonner à une vitesse prodigieuse ces petites pâtes en forme d’oreilles, emblème culinaire de la région. C’est un spectacle hypnotisant qui témoigne d’une transmission de savoir-faire ininterrompue depuis des générations.

« L’Italie, et le printemps et le premier amour, tout cela ensemble suffirait à rendre le plus sombre des hommes heureux. » – Bertrand Russell

Ne manquez pas la Basilique San Nicola, un chef-d’œuvre de l’art roman apulien qui abrite les reliques de Saint Nicolas. Ce lieu est unique au monde car il est un point de pèlerinage majeur tant pour les catholiques que pour les orthodoxes, créant une ambiance spirituelle œcuménique rare.

Terminez votre première journée par une passeggiata sur le Lungomare, la promenade en bord de mer, pour admirer le coucher de soleil sur l’Adriatique avec une focaccia barese encore chaude à la main.


Polignano a mare et Monopoli : les joyaux de l’adriatique

Le deuxième jour, prenez la route vers le sud en longeant la côte. À seulement trente minutes de Bari, Polignano a Mare surgit comme une apparition. Perchée sur des falaises calcaires de vingt mètres de haut, la ville semble défier la gravité.

La vue depuis les terrasses panoramiques est à couper le souffle, offrant un contraste violent et magnifique entre le blanc éclatant des maisons et le bleu profond, presque électrique, de la mer.

Descendez jusqu’à la plage de Lama Monachile, cette crique de galets blancs enserrée par les falaises et traversée par un pont romain. C’est l’image carte postale des Pouilles par excellence.

Cependant, pour éviter la foule, n’hésitez pas à vous perdre dans les ruelles du centre historique. Chaque balcon est fleuri, chaque recoin cache une poésie écrite sur les murs ou les escaliers, faisant de Polignano une véritable ode au romantisme.

Poursuivez votre route vers Monopoli, située à quelques kilomètres à peine. Contrairement à sa voisine touristique, Monopoli a gardé une âme de ville de pêcheurs plus marquée. Son vieux port, avec ses barques bleues et rouges (les gozzi) qui se balancent doucement, est d’une photogénie absolue.

Le centre historique de Monopoli est un joyau médiéval fortifié. Promenez-vous le long des remparts du château de Charles Quint et laissez-vous tenter par un dîner sur une petite place pavée. C’est l’endroit idéal pour déguster des fruits de mer d’une fraîcheur absolue.

Les incontournables de cette étape côtière :

  • Admirer le plongeon des jeunes locaux depuis les falaises de Polignano.
  • Visiter la cathédrale baroque de la Madonna della Madia à Monopoli.
  • Boire un « caffè speciale » (café, crème, zeste de citron et amaretto) sur une terrasse ensoleillée.

Alberobello et la magie de la vallée d’Itria

Quittez le littoral pour vous enfoncer dans les terres, direction la Vallée d’Itria. Le paysage change radicalement. Vous traversez des champs d’oliviers à perte de vue, délimités par des murets de pierres sèches, une terre rougeoyante qui contraste avec le ciel azur.

Votre destination est Alberobello, la capitale des trulli, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ces constructions coniques en pierre sèche, surmontées de symboles mystérieux peints à la chaux, donnent à la ville une allure de village de gnomes ou de décor de conte de fées. Bien que très touristique, le quartier Rione Monti reste incontournable avec ses centaines de trulli.

Cependant, pour une expérience plus authentique et silencieuse, traversez vers le quartier Aia Piccola.

Ici, les trulli sont encore habités par des locaux. Il n’y a pas de boutiques de souvenirs, juste le calme des pierres blanches et le quotidien des habitants. C’est l’endroit parfait pour comprendre l’architecture ingénieuse de ces maisons paysannes conçues pour garder la fraîcheur en été et la chaleur en hiver.

Non loin de là, faites un détour par Locorotondo, classé parmi les plus beaux bourgs d’Italie. Contrairement à Alberobello, ici point de trulli dans le centre, mais des maisons blanches aux toits pentus (les cummerse).

La ville est circulaire, d’où son nom, et offre depuis ses remparts un panorama exceptionnel sur toute la vallée parsemée de trulli et de vignobles. C’est une étape de sérénité absolue.


Ostuni la ville blanche et la vie en masseria

En continuant votre descente vers le sud, une colline étincelante attire le regard à des kilomètres à la ronde. Ostuni, la Città Bianca, se dresse fièrement face à la mer qui scintille à l’horizon. C’est un dédale de ruelles tortueuses, d’escaliers abrupts et d’arches blanchies à la chaux, qui rappelle par moment les villages des Cyclades grecques.

Se perdre dans Ostuni est un plaisir en soi. L’architecture est ici pensée pour jouer avec la lumière. Le soleil rebondit sur les murs blancs, créant une luminosité presque aveuglante en milieu de journée, qui s’adoucit pour devenir dorée et rosée au crépuscule. Grimpez jusqu’à la cathédrale au sommet de la ville pour admirer sa façade gothique tardive et sa rosace spectaculaire.

Pour cette étape de votre voyage, il est essentiel de vivre l’expérience de l’hébergement rural typique de la région : la Masseria. Ces anciennes fermes fortifiées, autrefois centres de la vie agricole et défense contre les invasions turques, ont été transformées en hôtels de charme ou en agritourismes de luxe.

Dormir dans une masseria, c’est se reconnecter au rythme de la terre. Vous y prendrez des petits-déjeuners composés de produits de la ferme : ricotta fraîche, confitures de figues, pain de campagne et huile d’olive produite sur place.

C’est une immersion dans le « slow travel », une invitation à prendre le temps, à lire un livre sous un olivier ou à se rafraîchir dans une piscine creusée dans la roche calcaire.


L’entrée dans le salento et la réserve de Torre Guaceto

Le cinquième jour marque la transition géographique et culturelle entre la Vallée d’Itria et le Salento, le talon extrême de la botte.

Avant de plonger dans le baroque du sud, une pause nature s’impose à la réserve naturelle de Torre Guaceto. C’est un havre de paix protégé, loin du béton et des stations balnéaires aménagées.

Cette zone marine protégée offre des plages sauvages, des dunes de sable fin et un maquis méditerranéen odorant. L’eau y est cristalline, idéale pour le snorkeling. C’est l’endroit rêvé pour une matinée de détente absolue, entouré par le chant des cigales et le bruissement des roseaux.

En reprenant la route vers le sud, vous noterez que l’architecture change, la terre devient plus aride, la lumière plus intense.

Vous entrez dans le Salento, une région qui possède sa propre identité, son propre dialecte et ses propres traditions musicales, notamment la célèbre Pizzica, une danse tarentelle envoûtante destinée à guérir la morsure de la tarentule.

« Voyager, c’est naître et mourir à chaque instant. » – Victor Hugo

Profitez de cette journée de transition pour explorer les petits villages de l’arrière-pays salentin ou pour faire une halte à Brindisi pour voir la colonne romaine qui marquait la fin de la célèbre Via Appia. L’objectif est d’arriver en fin de journée à Lecce pour voir la ville s’illuminer.


Lecce la florence du sud

Lecce n’est pas simplement une ville, c’est un musée à ciel ouvert sculpté dans une pierre calcaire tendre et dorée, la « pietra leccese ». Lecce est l’apothéose du baroque.

Ici, les façades des églises et des palais ne sont pas de simples murs, mais des scènes de théâtre exubérantes où se mêlent angelots, fruits, gargouilles et motifs floraux dans une débauche de détails.

Consacrez votre sixième journée à l’exploration minutieuse de ce joyau. Commencez par la Piazza del Duomo, l’une des rares places fermées d’Italie, qui offre une intimité majestueuse. La cathédrale, le campanile et le palais épiscopal forment un ensemble architectural d’une harmonie rare.

Marchez ensuite vers la Basilique Santa Croce. Sa façade est si complexe, si richement ornée, qu’on pourrait passer des heures à en décrypter les symboles sans jamais se lasser. Mais Lecce, c’est aussi un art de vivre. La ville est universitaire, dynamique et incroyablement élégante.

Le soir, les rues se remplissent pour la passeggiata. Les bars à vin proposent des dégustations de Primitivo di Manduria ou de Negroamaro, les deux cépages rois de la région. C’est aussi le moment de goûter à la street food locale par excellence : le « rustico leccese », un feuilleté garni de béchamel, de tomate et de mozzarella.

Ce qu’il faut absolument voir à Lecce :

  • L’amphithéâtre romain, semi-enterré au milieu de la place Sant’Oronzo.
  • Les ateliers de papier mâché (cartapesta), un artisanat d’art typique de la ville.
  • Le musée Faggiano, une maison privée où des travaux de plomberie ont révélé des strates d’histoire allant des Messapes aux Templiers.

Otrante et la côte adriatique du sud

Pour votre dernier jour, quittez Lecce pour une excursion vers l’extrême orient de l’Italie : Otrante. Cette ville fortifiée surplombe une mer d’un bleu turquoise intense. Par temps clair, on peut apercevoir les montagnes de l’Albanie de l’autre côté du détroit.

Le château aragonais et les remparts offrent une promenade magnifique, mais le trésor d’Otrante se trouve à l’intérieur de sa cathédrale. Le sol est entièrement recouvert d’une mosaïque du XIIe siècle représentant l’Arbre de Vie.

C’est une œuvre immense, mystérieuse et fascinante, qui mélange scènes bibliques, cycles chevaleresques et bestiaire fantastique. C’est l’une des plus grandes mosaïques médiévales d’Europe.

Non loin d’Otrante, ne manquez pas la Cava di Bauxite. C’est un ancien site minier où un lac vert émeraude s’est formé au cœur d’une carrière de terre rouge vif. Le contraste des couleurs est si saturé qu’il semble irréel, presque martien.

C’est un lieu photogénique et sauvage qui conclut parfaitement ce voyage haut en couleur.

« Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n’en lisent qu’une page. » – Saint Augustin

Avant de boucler votre valise, offrez-vous un dernier bain dans les eaux cristallines de la Baia dei Turchi ou dégustez un dernier pasticciotto (ce gâteau sablé fourré à la crème pâtissière) face à la mer, en vous promettant de revenir explorer la côte ionienne et Gallipoli lors d’un prochain voyage.


Conclusion : au-delà des Pouilles, l’infinie richesse de la péninsule

Ce voyage en Italie à travers la magnifique région des pouilles touche à sa fin, laissant des souvenirs bien différents de ceux que l’on pourrait glaner en Italie du Nord.

Si cette péninsule ne possède pas l’effervescence urbaine de Naples ou les ruines célèbres de Pompéi, elle offre une authenticité que les Italiens eux-mêmes privilégient pour leurs vacances.

Au-delà des plus belles plages de sable et d’une atmosphère balnéaire détendue, le territoire regorge de trésors naturels, des lacs Alimini aux mystérieuses grottes marines, sans oublier la biodiversité exceptionnelle du parc national du Gargano.

Que vous choisissiez de loger dans un ancien palazzo au cœur d’une vieille-ville, dans un resort tout confort ou d’opter pour une location de vacances isolée au milieu des collines, l’accueil reste chaleureux.

Les amateurs de culture seront comblés par chaque site archéologique et les vestiges antiques visibles près des villas historiques, tandis que d’autres préféreront peut-être une croisière vers les îles Tremiti ou une journée de farniente sur la plage.

Contrairement au glamour parfois surfait de Capri ou de l’agitation du golfe de Sorrente, le charme ici réside dans la simplicité d’une vie en agritourisme et la découverte de saveurs typiques.

Il ne vous reste plus qu’à envisager vos futures locations ou peut-être une prochaine visite-guidée pour continuer d’explorer cette Italie du Sud solaire. Entre excursions guidée dans les terres et moments de détente face à la mer, ce coin de paradis mérite que l’on y revienne inlassablement.


FAQ

Quelle est la meilleure période pour visiter les Pouilles ?

L’idéal est de viser les mois de mai, juin et septembre. Vous profiterez d’un climat estival parfait pour la baignade tout en évitant la foule dense et la chaleur parfois écrasante de juillet et août. Octobre peut aussi être une très belle option pour un voyage plus culturel et gastronomique.

Est-il nécessaire de louer une voiture ?

Oui, absolument. Bien que des trains relient les villes principales comme Bari, Monopoli et Lecce, la magie des Pouilles réside dans ses routes de campagne, ses criques cachées et ses petits villages de la Vallée d’Itria qui sont très difficiles d’accès en transports en commun. La voiture vous offre la liberté indispensable à ce type d’itinéraire.

Quel budget prévoir pour une semaine ?

Les Pouilles restent un peu plus abordables que la Toscane ou la côte Amalfitaine, mais les prix ont augmenté ces dernières années. Pour un voyage confortable (hôtels de charme ou Masseria, location de voiture, restaurants), comptez entre 1000 et 1500 euros par personne. On peut réduire la note en logeant en B&B et en privilégiant la street food, excellente et peu onéreuse.

La conduite est-elle difficile dans les Pouilles ?

La conduite dans le sud de l’Italie a la réputation d’être sportive, mais dans les Pouilles, c’est tout à fait gérable. Les routes principales sont en bon état. La seule difficulté réside dans les centres historiques (ZTL – zones à trafic limité) où il est interdit d’entrer en voiture sous peine d’amende. Il faut toujours se garer à l’extérieur des vieilles villes.

Combien de temps consacrer à Matera ?

Matera ne se trouve pas dans les Pouilles mais dans la région voisine du Basilicate. Cependant, elle est très proche (1h de Bari). Si vous souhaitez l’inclure, il faudra soit ajouter une journée à cet itinéraire, soit sacrifier l’étape de la réserve naturelle. Matera mérite au moins une journée complète et une nuit sur place pour en apprécier l’atmosphère unique.

Thierry

Thierry

Bonjour à toutes et à tous, moi c'est Thierry. Digital native dans l'âme, j’ai choisi de lier l'utile à l'agréable en créant ce blog avec ma moitié: un pont entre mon métier dans le digital et mon besoin constant de voyage et de découverte en couple ou en famille.

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