La Nouvelle-Orléans : le joyau culturel et historique de la Louisiane

Explorez La Nouvelle-Orléans : jazz, histoire et gastronomie créole. Plongez dans le Vieux Carré et les bayous avec ce guide voyage complet et unique.

Nichée dans le creux des méandres du puissant fleuve Mississippi, La Nouvelle-Orléans ne ressemble à aucune autre métropole des États-Unis. C’est une île culturelle, un monde à part où le temps semble parfois suspendre son vol, bercé par l’humidité ambiante et les notes de cuivres qui s’échappent des clubs de jazz.

Ici, l’histoire ne se lit pas seulement dans les livres, elle se vit à chaque coin de rue, dans l’architecture coloniale patinée par les siècles et dans les arômes épicés qui émanent des cuisines familiales.

Visiter cette ville mythique, c’est accepter de perdre ses repères pour mieux se laisser envahir par une atmosphère unique, mélange de sophistication européenne, de rythmes africains et de chaleur caribéenne. C’est une expérience sensorielle totale qui marque l’esprit et le cœur de tous ceux qui foulent ses pavés inégaux.

C’est l’étape incontournable de tout voyage en Louisiane, une porte d’entrée vibrante vers le Sud profond, où les traditions sont ancrées dans la terre aussi profondément que les racines des cyprès.

Une histoire complexe aux multiples influences coloniales

Comprendre La Nouvelle-Orléans exige de plonger dans les strates profondes de son passé tumultueux, car chaque époque a laissé une empreinte indélébile sur l’identité actuelle de la cité. Fondée en 1718 par le français Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, la ville fut d’abord un avant-poste stratégique destiné à contrôler l’embouchure du Mississippi et à sécuriser les vastes territoires de la Louisiane française.

Cependant, l’histoire de la ville est loin d’être linéaire, car elle fut cédée à l’Espagne pendant plusieurs décennies au XVIIIe siècle avant de revenir brièvement à la France, pour être finalement vendue aux jeunes États-Unis lors de la célèbre Vente de la Louisiane en 1803.

Cette valse diplomatique a créé un creuset culturel exceptionnel, où les colons français et espagnols, les esclaves africains, les gens de couleur libres et les réfugiés d’Haïti ont tissé ensemble une société complexe, stratifiée et riche. L’époque colonial a ainsi forgé une esthétique et un mode de vie qui perdurent, défiant la standardisation américaine.

C’est cette superposition d’influences qui a donné naissance à la culture créole, une identité propre qui refuse l’assimilation pure et simple au modèle anglo-saxon dominant en Amérique du Nord. Les résidents de longue date vous diront souvent que leur ville est la plus septentrionale des Caraïbes plutôt qu’une ville du Sud américain classique.

L’héritage espagnol est d’ailleurs plus visible que le français dans l’architecture du célèbre Vieux Carré, suite aux grands incendies qui ont ravagé la ville à l’époque où le drapeau espagnol flottait sur la place d’Armes.

Bien que la ville elle-même ne soit pas classée dans son intégralité au Patrimoine mondial de l’UNESCO, elle en possède l’aura et la richesse historique, à l’image du site archéologique de Poverty Point situé plus au nord dans l’État, qui lui, détient ce prestigieux label Mondial de l unesco.

« L’Amérique n’a que trois villes : New York, San Francisco et La Nouvelle-Orléans. Tout le reste n’est que Cleveland. » – Tennessee Williams

Au-delà des pierres et des traités, c’est l’histoire humaine qui fascine, celle des populations qui ont dû s’adapter à un environnement hostile, fait de marais, de moustiques et d’ouragans fréquents. Cette lutte constante contre les éléments a forgé un caractère résilient, une joie de vivre presque insolente face à l’adversité, que l’on retrouve aujourd’hui dans la devise officieuse de la ville : « Laissez les bons temps rouler ».

L’histoire de la Guerre de Sécession a également marqué la région, bien que La Nouvelle-Orléans soit tombée aux mains de l’Union assez tôt dans le conflit, épargnant à son architecture les destructions massives qu’ont connues d’autres villes du Sud.

Cependant, les cicatrices sociales et économiques de cette période, suivies de l’ère de la Reconstruction, ont profondément modelé la démographie locale.

L’histoire de l’esclavage est également centrale et ne peut être ignorée ; Congo Square, situé dans le parc Louis Armstrong, est un lieu sacré où les esclaves avaient le droit de se rassembler le dimanche pour chanter, danser et perpétuer leurs traditions africaines, jetant ainsi les bases rythmiques de ce qui deviendrait plus tard la musique américaine.


L’architecture du Vieux Carré et la splendeur du Garden District

Le cœur battant du tourisme se trouve indéniablement dans le Quartier Français, véritable Centre historique de la métropole, un quadrillage parfait de rues étroites où chaque bâtiment raconte une histoire de décadence et d’élégance.

Ce qui frappe immédiatement le visiteur, c’est l’omniprésence des balcons en fer forgé, véritables dentelles métalliques qui ornent les façades colorées et offrent de l’ombre aux passants écrasés par le soleil du midi.

Ces galeries ne sont pas seulement esthétiques ; elles sont le théâtre de la vie sociale, un espace intermédiaire entre l’intimité du foyer et l’effervescence de la rue, permettant aux habitants d’observer le spectacle permanent de la ville sans y participer directement.

Les cours intérieures, souvent invisibles depuis la rue, cachent des jardins tropicaux luxuriants, des fontaines murmurantes et une fraîcheur bienvenue, vestiges d’un art de vivre méditerranéen adapté au climat subtropical. Ce décor typique séduit les photographes du monde entier, cherchant à capturer l’âme romantique de la cité.

Cependant, limiter l’architecture de La Nouvelle-Orléans au seul Quartier Français serait une erreur majeure, car la ville regorge de styles architecturaux qui témoignent de son expansion au fil des siècles.

En empruntant le célèbre tramway de la ligne St. Charles Avenue, le plus ancien tramway en activité continue au monde, on découvre le Garden District, quartier développé par les Américains fortunés qui s’installèrent ici après l’achat de la Louisiane, désireux de se distinguer des Créoles du Vieux Carré.

Ici, les maisons de ville mitoyennes laissent place à de grandioses manoirs Antebellum, entourés de jardins immenses où les chênes centenaires déploient leurs branches, souvent drapées de mousse espagnole fantomatique.

De nombreuses demeures ont été converties en hôtels de luxe, proposant des suites somptueuses où le mobilier d’époque côtoie le confort moderne, offrant aux voyageurs fortunés une nuit dans la peau de l’aristocratie du XIXe siècle.

L’habitat populaire est tout aussi fascinant avec les fameuses « Shotgun Houses », ces maisons longues et étroites typiques du paysage urbain néo-orléanais. Leur nom viendrait du fait qu’on pourrait tirer un coup de fusil depuis la porte d’entrée et que la balle traverserait toutes les pièces alignées pour ressortir par la porte arrière sans rien toucher.

  • Les maisons Shotgun : symboles de la vie ouvrière, elles favorisent la ventilation naturelle et la convivialité de voisinage grâce à leurs porches ouverts sur le trottoir.
  • Les cottages créoles : reconnaissables à leurs toits pentus et leur absence de couloirs, ils représentent l’une des formes d’habitation les plus anciennes de la ville.
  • Les manoirs Greek Revival : ces demeures imposantes du Garden District, avec leurs colonnes blanches massives, incarnent la richesse de l’époque des plantations et du commerce du coton.

Cette diversité architecturale forme un décor de cinéma à ciel ouvert, une toile de fond romanesque qui a inspiré d’innombrables écrivains et réalisateurs. Il n’est pas rare de s’arrêter au milieu d’une rue, frappé par la beauté d’une corniche ou la couleur pastel d’une façade qui semble changer de teinte avec la lumière déclinante du soir.


Le berceau incontesté du jazz et la scène musicale actuelle

Affirmer que La Nouvelle-Orléans est la ville la plus musicale d’Amérique n’est pas une exagération, c’est un constat factuel qui s’impose dès les premières heures passées sur place.

C’est ici, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, que le jazz est né, fruit d’une collision improbable entre les fanfares militaires européennes, le ragtime, le blues du Delta et les rythmes syncopés venus d’Afrique et des Caraïbes.

Des légendes comme Louis Armstrong, Sidney Bechet ou Jelly Roll Morton ont grandi dans ces rues, absorbant cette cacophonie culturelle pour en faire un art majeur qui allait conquérir la planète.

Mais la musique ici n’est pas une pièce de musée que l’on respecte en silence ; elle est vivante, organique, et fait partie intégrante du quotidien de chaque habitant. Les bars qui jalonnent la ville ne sont pas de simples débits de boissons, mais de véritables sanctuaires où la communion musicale s’opère chaque soir.

Si la célèbre Bourbon Street attire les foules avec ses néons criards et ses reprises rock, les véritables amateurs de musique savent qu’il faut s’éloigner de cette artère touristique pour trouver l’âme véritable de la scène locale.

Frenchmen Street, dans le quartier du Faubourg Marigny, est souvent citée comme l’alternative authentique, où les clubs de jazz se succèdent et où la qualité des musiciens est époustouflante. C’est l’endroit idéal pour déguster un Cocktail local, comme le fameux Sazerac ou le Vieux Carré, tout en se laissant emporter par une improvisation de saxophone.

Il n’est pas nécessaire de payer des billets onéreux pour assister à des concerts de classe mondiale ; souvent, le simple fait de commander une bière locale suffit pour écouter des virtuoses improviser jusqu’au bout de la nuit. La tradition des « brass bands », ces fanfares de cuivres qui animent les mariages, les enterrements et les parades, reste incroyablement vivace.

Le concept de « Second Line » est unique à La Nouvelle-Orléans : lors d’un défilé, la « First Line » est constituée des musiciens et des organisateurs, tandis que la « Second Line » rassemble tous ceux qui décident de suivre le cortège en dansant, agitant des mouchoirs ou des parasols décorés. C’est une invitation permanente à la participation, abolissant la frontière entre l’artiste et le spectateur.

« À La Nouvelle-Orléans, la culture ne descend pas d’en haut, elle remonte de la rue. » – Ellis Marsalis

La ville ne se limite pas au jazz traditionnel ; elle est aussi un bastion du funk, du R&B et a joué un rôle crucial dans l’histoire du rock’n’roll. Des artistes comme Fats Domino ou Dr. John ont exporté le son de La Nouvelle-Orléans, caractérisé par ce piano « boogie-woogie » et cette nonchalance rythmique irrésistible.

Aujourd’hui, de jeunes musiciens continuent de réinventer cet héritage, mêlant hip-hop et cuivres, prouvant que la tradition musicale de la ville est une matière en constante évolution.

Le New Orleans Jazz & Heritage Festival, qui se tient chaque printemps, est la grand-messe qui célèbre cette richesse, attirant des centaines de milliers de passionnés venus communier sur l’hippodrome transformé en temple de la musique.


Une gastronomie légendaire : éveil des papilles entre tradition créole et cajun

Manger à La Nouvelle-Orléans est bien plus qu’une nécessité biologique, c’est un rituel, un sujet de conversation inépuisable et probablement la principale raison de visiter la ville pour de nombreux voyageurs.

La cuisine locale est l’une des rares cuisines régionales américaines à posséder une identité aussi forte et distincte, résultat du même métissage qui a produit le jazz. Elle promet d’enchanter vos papilles à chaque bouchée, offrant une explosion de saveurs inégalée.

Il est crucial de distinguer la cuisine créole de la cuisine cajun, bien que les deux se côtoient aujourd’hui dans de nombreux restaurants.

La cuisine créole est une cuisine de ville, née dans les cuisines des riches demeures, raffinée, utilisant des sauces complexes d’inspiration française mais adaptées aux ingrédients locaux. La cuisine cajun, quant à elle, est une cuisine de campagne, plus rustique, née de l’ingéniosité des Acadiens déportés du Canada qui ont dû survivre dans les bayous avec ce qu’ils trouvaient : gibier, crustacés, riz.

Au cœur de ces traditions culinaires se trouve la « Sainte Trinité » de la cuisine louisianaise : un mélange d’oignon, de céleri et de poivron vert, souvent agrémenté d’ail généreux, qui sert de base aromatique à la plupart des plats.

Le plat emblématique qui réunit tout le monde est sans doute le Gumbo, une soupe épaisse et riche qui peut contenir des fruits de mer, de la saucisse andouille, du poulet, et qui repose sur la maîtrise du « roux », un mélange de farine et de matière grasse cuit jusqu’à obtenir une couleur chocolat foncé. Le bouillon mijote pendant des heures pour concentrer les goûts.

Chaque famille a sa propre recette de Gumbo, jalousement gardée et transmise de génération en génération. Un autre incontournable est le Jambalaya, cousin éloigné de la paella espagnole, où le riz cuit directement avec les viandes et les légumes, absorbant toutes les saveurs dans un plat unique roboratif et épicé, souvent relevé d’une pointe de piment de Cayenne ou de Tabasco local.

Dans certaines versions créoles, on y ajoute de la tomate, un ingrédient que les Cajuns puristes ont tendance à éviter dans leur jambalaya traditionnel.

  • Le Po-Boy : sandwich généreux servi sur du pain baguette croustillant, garni de crevettes frites, d’huîtres ou de rosbif en sauce (le fameux « debris »).
  • L’Étouffée d’écrevisses : un ragoût onctueux où les écrevisses locales mijotent dans une sauce riche en beurre, oignons, céleri et poivrons.
  • Les Beignets du Café du Monde : des carrés de pâte frite recouverts d’une montagne de sucre glace, à déguster impérativement avec un café au lait à la chicorée.

Pour le lundi, la tradition impose les haricots rouges et le riz (Red Beans and Rice), un plat historiquement préparé le jour de la lessive car il pouvait cuire doucement sans surveillance. L’expérience culinaire ne serait pas complète sans mentionner les écrevisses bouillies, ou « crawfish boil ».

Au printemps, c’est un événement social majeur : on déverse des kilos d’écrevisses cuites avec des épices, du maïs, des pommes de terre et des saucisses fumées directement sur des tables recouvertes de papier journal.

On mange avec les doigts, on se salit, on rit, on partage. C’est là que réside la véritable âme de la gastronomie néo-orléanaise : la convivialité absolue. Les grands restaurants historiques comme Antoine’s ou Galatoire’s offrent une expérience plus formelle, où les serveurs en veste blanche perpétuent un service à la française d’un autre temps, mais l’amour du bon produit reste le même.

Enfin, les douceurs sucrées occupent une place de choix. Les desserts comme le Bananas Foster, flambé au rhum et à la liqueur de banane devant le client, ou les pralines aux noix de pécan, rappellent l’importance historique de la culture de la canne à sucre dans l’économie régionale.


Spiritualité vaudou et mystères des cités des morts

L’aura de mystère qui enveloppe La Nouvelle-Orléans doit beaucoup à sa relation particulière avec la mort et le spirituel. Le vaudou, souvent mal compris et caricaturé par la culture populaire, est une composante historique réelle de la ville.

Arrivé avec les esclaves d’Afrique de l’Ouest et renforcé par l’immigration haïtienne, le vaudou s’est mélangé au catholicisme dominant pour créer un syncrétisme religieux unique.

Marie Laveau, la célèbre reine du vaudou du XIXe siècle, est une figure historique dont la tombe est encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour les curieux et les croyants, qui viennent y déposer des offrandes. Loin des clichés de poupées épinglées, le vaudou à La Nouvelle-Orléans était avant tout une pratique de guérison, de protection et de connexion avec les ancêtres.

Cette proximité avec l’au-delà se manifeste physiquement dans les cimetières de la ville, surnommés les « Cités des Morts ». En raison de la nappe phréatique très élevée, il était impossible d’enterrer les corps en pleine terre sans qu’ils ne remontent à la surface lors des inondations.

Les habitants ont donc construit des caveaux et des mausolées hors-sol, créant de véritables villes miniatures avec leurs allées, leurs carrefours et leurs monuments architecturaux.

Le cimetière St. Louis No. 1 est le plus célèbre, un labyrinthe de tombes blanchies à la chaux qui dégage une atmosphère à la fois macabre et romantique. C’est un Patrimoine mondial informel de la mémoire locale, où chaque pierre raconte une saga familiale.

Se promener dans ces allées silencieuses, c’est parcourir l’histoire de la ville, lire les noms français, espagnols, allemands, italiens gravés dans la pierre, et réaliser la fragilité de la vie dans cette région soumise aux caprices de la nature. Il existe même des visites guidées spécialisées qui expliquent les symboles funéraires et les histoires tragiques ou héroïques des résidents éternels de ces lieux.

L’intérêt pour le paranormal et les histoires de fantômes est une industrie florissante ici. La ville est souvent citée comme la plus hantée des États-Unis. Que l’on y croie ou non, les récits de la maison LaLaurie ou de l’hôtel Monteleone ajoutent une couche de narration fascinante à la découverte nocturne du Vieux Carré, lorsque les ombres s’allongent et que le brouillard monte du fleuve.


La nature sauvage : Marécages, Alligators et Delta du Mississippi

Il est impossible de comprendre pleinement La Nouvelle-Orléans sans sortir de ses limites urbaines pour explorer l’environnement qui l’entoure et qui la définit : le bayou. À moins d’une heure de route du centre-ville, le paysage change radicalement pour devenir un monde amphibie, une zone humide immense où la terre et l’eau s’entremêlent de manière indissociable.

C’est ici que le puissant Delta du Mississippi achève sa longue course pour se jeter dans les eaux chaudes du Golfe du Mexique.

Le bayou est un écosystème d’une richesse biologique incroyable, vital pour la protection de la côte contre les ouragans et pour l’économie de la pêche. Une excursion en bateau à fond plat ou en kayak dans les marécages permet de découvrir cette nature sauvage, dominée par les cyprès chauves qui émergent de l’eau sombre.

Loin du bord de mer classique aux plages de sable blanc, la côte louisianaise est un dédale de chenaux et d’herbes hautes, parsemé d’îles barrières comme les îles Chandeleur, refuges précaires pour les oiseaux migrateurs.

Ces arbres majestueux, adaptés à la vie aquatique, créent une atmosphère presque préhistorique, accentuée par le silence qui n’est rompu que par le chant des oiseaux ou le clapotis de l’eau. Le roi incontesté de ces lieux est bien sûr l’alligator américain. Les alligators sont partout, dissimulés sous les lentilles d’eau ou bronzant sur les berges boueuses, surveillant leur domaine d’un œil impassible.

Observer ces reptiles dans leur habitat naturel est une expérience impressionnante qui rappelle que l’homme n’est ici qu’un invité. Mais le bayou abrite aussi une faune foisonnante : des aigrettes, des hérons, des tortues, des ratons laveurs et une multitude d’autres espèces. C’est aussi le territoire des Cajuns, qui ont su apprivoiser cet environnement hostile pour en tirer leur subsistance.

« Le bayou ne pardonne pas, mais il donne tout à celui qui sait l’écouter. » – Proverbe local

Pour vivre l’expérience fluviale ultime, une croisière sur un authentique bateau à aubes, comme le Steamboat Natchez, offre un point de vue différent sur la ville et le fleuve, rappelant l’époque glorieuse du commerce cotonnier.

La fragilité de cet écosystème est aujourd’hui au cœur des préoccupations. L’érosion côtière, accélérée par l’activité humaine et le changement climatique, menace de faire disparaître ces zones tampons essentielles. Visiter le bayou, c’est donc aussi prendre conscience des enjeux écologiques majeurs auxquels la Louisiane fait face.

C’est une leçon d’humilité face à la puissance de la nature, un contrepoint sauvage et nécessaire à la sophistication urbaine de La Nouvelle-Orléans.

Pour le voyageur, c’est l’occasion de respirer un air différent, chargé d’odeurs de vase et de végétation, et de comprendre géographiquement pourquoi la ville est surnommée « The Crescent City » (la ville croissant), coincée entre le lac Pontchartrain et le Mississippi.


Au-delà de La Nouvelle-Orléans : Lafayette et Bâton-Rouge

Si La Nouvelle-Orléans agit comme un aimant, s’aventurer un peu plus loin permet de saisir toute la diversité de l’État. À l’ouest, la ville de Lafayette se pose comme la capitale incontestée du pays Cajun. C’est ici qu’il faut se rendre pour entendre encore parler le français cadien, découvrir les bals « Fais Dodo » et plonger dans une culture rurale authentique et chaleureuse.

Non loin de là, en remontant le fleuve, on atteint Bâton-Rouge, la capitale administrative de la Louisiane. Son nom, qui signifie littéralement « Red Stick » (le bâton rouge), vient d’un poteau de cyprès rougi par le sang d’animaux qui marquait la frontière entre deux territoires de tribus amérindiennes.

Moins touristique que sa voisine du sud, elle offre pourtant des musées fascinants et une vision différente, plus politique et industrielle, de la région. C’est un contraste saisissant avec la nonchalance néo-orléanaise, complétant parfaitement la découverte de ce territoire bordant le Golfe.


Résilience et renaissance après l’ouragan Katrina

Aborder La Nouvelle-Orléans aujourd’hui sans évoquer l’ouragan Katrina de 2005 serait occulter une part essentielle de son histoire récente et de sa psychologie collective. La catastrophe n’a pas été seulement naturelle, avec la rupture des digues qui a inondé 80% de la ville, elle a été un traumatisme social et humain profond.

Pourtant, ce qui définit la ville aujourd’hui, ce n’est pas la destruction, mais la spectaculaire renaissance qui a suivi. Les quartiers dévastés se sont relevés, parfois péniblement, mais avec une détermination farouche. Cette résilience est visible partout. De nouveaux commerces ont ouvert, la scène culturelle a explosé de créativité, et un sentiment de solidarité renouvelé unit les habitants.

Certains quartiers, comme le Lower Ninth Ward, portent encore les stigmates du drame, et le tourisme de catastrophe y est mal vu s’il n’est pas encadré par des initiatives éducatives ou associatives respectueuses. Il est important pour le visiteur de comprendre que Katrina a changé la démographie et l’économie de la ville.

La Nouvelle-Orléans est devenue un laboratoire d’innovation urbaine et éducative, attirant de jeunes entrepreneurs et artistes venus participer à cette reconstruction. Le Mémorial de l’ouragan Katrina est un lieu de recueillement nécessaire pour saisir l’ampleur de l’événement.

Mais la plus belle preuve de cette résilience reste le retour des traditions : le premier Mardi Gras après l’ouragan a été un moment de catharsis collective, prouvant au monde entier que l’âme de La Nouvelle-Orléans ne pouvait être noyée.

Visiter la ville aujourd’hui, c’est soutenir cette renaissance, c’est participer à l’économie locale et rendre hommage à un peuple qui a refusé d’abandonner sa terre et sa culture unique.


FAQ : la Nouvelle-Orléans, joyau culturel et historique de la Louisiane

Quelle est la meilleure période pour visiter La Nouvelle-Orléans ?

La période idéale s’étend de février à mai. Les températures sont agréables, et c’est la saison des grands festivals comme Mardi Gras et le Jazz Fest. L’automne (octobre-novembre) est également une très bonne option. L’été est à éviter si vous craignez la chaleur accablante et l’humidité extrême du Golfe du Mexique.

Combien de jours faut-il prévoir pour un séjour complet ?

Pour découvrir les incontournables sans courir, prévoyez au minimum 4 à 5 jours. Cela vous laisse le temps d’explorer le Vieux Carré, le Garden District, de faire une excursion dans les marécages, de visiter une plantation de canne à sucre sur la route du fleuve et de profiter de la scène musicale nocturne.

La ville est-elle sûre pour les touristes ?

Comme toute grande ville américaine, La Nouvelle-Orléans a des problèmes de criminalité, mais les zones touristiques (Vieux Carré, Garden District, Marigny) sont généralement sûres, surtout en journée et en début de soirée. Il est conseillé de rester vigilant, de ne pas s’aventurer seul dans des rues désertes la nuit et de prendre des taxis ou VTC pour se déplacer entre les quartiers après la tombée de la nuit.

Est-il nécessaire de louer une voiture ? Si vous restez dans le centre-ville, la voiture est plus une contrainte qu’un atout (parking cher et rare). La ville se découvre très bien à pied, en tramway ou en taxi. Cependant, une voiture est indispensable si vous prévoyez de visiter les plantations environnantes ou d’explorer le pays Cajun et Lafayette plus en profondeur par vous-même.

Faut-il absolument réserver les restaurants à l’avance ? Pour les institutions gastronomiques célèbres (Commander’s Palace, Galatoire’s) ou les restaurants très en vogue proposant des spécialités locales raffinées, la réservation est impérative, parfois plusieurs semaines à l’avance. Pour les endroits plus décontractés proposant des Po-Boys ou du Gumbo, vous pouvez généralement vous présenter sans réservation, bien qu’il puisse y avoir un peu d’attente.

Thierry

Thierry

Bonjour à toutes et à tous, moi c'est Thierry. Digital native dans l'âme, j’ai choisi de lier l'utile à l'agréable en créant ce blog avec ma moitié: un pont entre mon métier dans le digital et mon besoin constant de voyage et de découverte en couple ou en famille.

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